Le plastique, fléau des animaux marins.

Le plastique, fléau des animaux marins.

Depuis des dizaines d’années, l’Homme ne cesse de rejeter ses déchets dans les milieux naturels, pour la plupart non biodégradable. Le plastique est le protagoniste de la catastrophe environnementale qui a conduit à la perte de millions d’animaux marins. Nous allons voir aujourd’hui trois exemples d’animaux bien différents qui ont tous été victime de ce même matériau.

Quelques chiffres

  • 1,5 millions : c’est le nombre d’animaux marins tués chaque année à cause du plastique.
  • 1.6 millions de km: c’est la taille du plus grand vortex de plastique créé sur Terre. Aussi appelé « continent de plastique », cet amas de détritus se trouve au cœur de l’océan Pacifique entre le Japon et la côte Ouest des États-Unis.

Le 7e continent, continent de plastique

  • 99 % : c’est le taux d’animaux marins qui auront ingéré du plastique d’ici 2050.
  • 5 000 milliards : un chiffre démesuré qui représente le nombre de sacs plastiques utilisés chaque année. « S’ils étaient attachés ensemble, ils pourraient entourer la planète sept fois toutes les heures » selon l’ONU.
  • Plus de chiffres : Notre cause

Une prise de conscience générale fait son apparition de nos jours. Il est aujourd’hui capital de saisir l’importance de nos chacun de nos actes. Nous avons passé des années à détruire tout un écosystème en négligeant les conséquences entraînées par nos déchets. ( Voir Pourquoi le plastique nuit à notre planète et son environnement ?)

Nous vous avons dégoté 3 témoins bien différents pour vous illustrer les désastres du plastique auprès des animaux marins.

L’otarie et son collier

Voici la première victime : une otarie (lion de mer) de Vancouver qui a grandi avec un cercle en plastique autour du cou. Eh oui, les otaries n’ont pas de bras pour se débarrasser des entraves. Chaque accident est donc définitif. On retrouve souvent cet exemple chez les tortues qui se retrouvent prises au piège dans un morceau de plastique. Elles grandissent alors avec l’objet qui va complètement déformer leur corps et leur carapace à vie, mais vous avez déjà sûrement vu cela. Ici, il s’agit d’un animal bien plus imposant est plus agile. Pourtant, cette otarie a vécu plusieurs années avec ce « collier ».

Vous pouvez voir dans cette vidéo du Vancouver Aquarium qu’une équipe de vétérinaires se rendent près d’un groupe d’otarie. La mission consiste à libérer l’otarie prisonnière du morceau de plastique. Ils commencent par l’anesthésier à distance, pour pouvoir ensuite approcher l’animal. Il s’agit alors de sectionner l’objet tout en épargnant l’animal de toute blessure. Les vétérinaires en profitent également pour faire un contrôle général de santé. En effet, les animaux qui vivent dans des régions fortement polluées (voir carte ci-dessus) ingurgitent une quantité de plastique telle que des problèmes de santé peuvent survenir, notamment au niveau digestif. En élevant le cercle de plastique, les vétérinaires se rendent compte de la marque laissée par l’objet. Le cou de l’animale est véritablement déformé suite aux années passées à subir une pression exercée sur la peau. Cette opération qui eut lieu en 2013 s’est poursuivie sur 9 autres cas similaires dans la même journée, explique Dr. Martin Haulena, vétérinaire du Vancouver Aquarium.

Deux ans plus tôt, le Vancouver Aquarium sauvait « Flash », une otarie retrouvée avec plus d’un mètre de matériel de pêche dans l’estomac.

De nombreux cas de ce genre ont lieu sur les côtes. Une otarie a notamment été retrouvée avec des blessures par balles.

Ces animaux souffrent, en plus du plastique et comme beaucoup d’autres espèces, du réchauffement climatique qui entraine la mort de nombreux nourrissons à cause de la température de l’eau. Aucune espèce n’est à l’abri.

La tortue et sa paille

Vous avez sûrement vu ou entendu parler de cette vidéo qui a fait le tour du monde. Une tortue retrouvée avec une paille entièrement enfoncée dans la narine

Une équipe de chercheurs qui s’occupait du suivi de l’accouplement des tortues de mer au large du Costa Rica qui ils sont tombés nez à nez avec cette tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea).
« Lorsqu’elle a été sortie la première fois de l’eau, on pouvait entendre sa respiration laborieuse », s’exprime Nathan Robinson, membre de l’équipe de recherche.

ATTENTION : le contenu de cette vidéo peut choquer les publics sensibles

La tortue olivâtre étant une espèce protégée, il était impossible pour l’équipe de chercheurs d’embarquer l’animal hors de son habitat naturel pour « l’opérer » dans un cabinet vétérinaire. Le choix a donc été pris sur le fait : le chercheur s’est muni d’une pince et a pratiqué l’extraction à quelques pas de l’endroit où la tortue était.

On voit donc dans cette vidéo qu’une paille en plastique d’une dizaine de centimètres est logée dans la cavité nasale de l’animal. Après l’avoir sortie de moitié, l’équipe se rend compte de la nature de l’objet et de la gravité de la situation. Ils se donnent donc pour mission d’extraire la totalité de la paille. Nathan Robinson le reconnaît, la vidéo n’est pas agréable à regarder : la tortue souffre et saigne malgré le professionnalisme et la rigueur du chercheur. Il espère néanmoins qu’elle servira à sensibiliser l’opinion globale au sujet du plastique et de ses conséquences sur la vie maritime.

Finalement, la paille est entièrement extraite et la plaie de la tortue est désinfectée. Une fois les saignements arrêtés, l’animal a pu être replacé dans son milieu naturel pour continuer sa vie en meilleure santé.

Cet événement a eu lieu en septembre 2017. Un an plus tard, Greenpeace lançait sa campagne de communication autour de visuels mettant en scène des animaux marins et une paille en plastique :

Hélas, tous les animaux victimes du plastique n’ont pas la chance d’être secourus manuellement par une équipe de spécialistes.

Le cachalot d’Espagne

En avril 2018, un cachalot de 10 mètres de long est retrouvé échoué au large d’une côte espagnole.
La cause du décès ? 29 kg de plastic retrouvé dans l’estomac de l’animal de 10 tonnes pendant l’autopsie. En effet, ce cachalot est mort d’une péritonite, soit une inflammation de l’estomac. Jerricanes, sacs en plastique, filets de pêche, l’intérieur de l’animal était une véritable déchèterie.

estomac d'un cachalot rempli de déchets

Cet animal fait partie d’une espèce en voie d’extinction qui se nourrit essentiellement de calamar. Mais l’overdose de plastique aura eu raison de l’imposant cétacé.

Une véritable prise de conscience a émergé au gouvernement de la ville espagnole de Murcie. La présence de plastiques dans les océans est devenue une de leurs priorités. Une campagne de sensibilisation a été lancée suite à cet événement.

En Bref

Aujourd’hui on ne peut plus fuir le problème du plastique dans les océans. Nous devons faire face en agissant. Alors si vous n’êtes pas du genre à endormir une otarie par vous-même, retirer une paille de la narine d’une tortue, ou sauver un cachalot, regardez plutôt comment vous pouvez limiter votre consommation de plastique ici : Réduire facilement sa consommation de plastique

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